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Une aventure de Columbo

Par Guernaoueb , le Friday 1 December 2006.

On oublie parfois de louer Columbo. Paisible dans son manteau intemporel, il avance dans la vie comme bonobo d’arbre en arbre. Plaisir et harmonie brillent dans ses yeux doux. S’il n’invoquait pas toujours sa femme, on le mettrait bien dans son cabat.

(JPEG)

Parfois, son humeur tranquille s’agite sous les vents extérieurs : on a récemment vu un métro dérailler ou un lama cracher. (Il s’est excusé depuis). Ce peut également être un vol de manteau (ah! le manteau !) perpétré lors d’un tirage photo en labo. Alors son sang bout - quoique lentement.

Que faire ? Ils étaient 6. "Or c’est pas moi", dit le volé. Il en reste 5. Bonobo, pardon, Columbo ne se démonte pas. Nu et sans le sou, il triomphe du métro noctambule pour venir mendier auprès d’une porte blindée quelque ouverture sans sésame. Au visiophone, l’image était tellement mauvaise que j’ai failli refuser. Non mais, on m’la fait pas à moi !

Je retrouve donc mon grand inspecteur, un peu défait mais l’oeil luisant : ça va, je te reconnais, je te laisse entrer. Mais quand même, sache que tu es nu.

(JPEG)

La chaleur de l’appartement fait alors le reste. Ni une ni deux comme un bon petit verre, les petits nerfs tout ramollis sont de nouveau aux aguets. L’en fallait pas plus pour sortir blocs, équerres, crayons et calculatrice scientifique. A force de traits les coupables étaient tout désignés : c’est lui ! c’est elle ! Les v’là donc pendus par l’oreille à la pince à linge. C’est qu’y f’saient moins les fiers, leurs portraits fraichement tirés papier 20x20 N&B, dans la salle de bain. Moi aussi j’inspectais. J’avais beau bouger, ils me suivaient toujours du regard. Si c’est pas des aveux ça. Restait plus qu’à en éliminer un. Vu le genre c’était pas trop dur, les bonobos sont réputés pour avoir des penchants.

Seulement voilà, la police a rien voulu savoir. La police préfère les X, c’est tout. Il faut dire qu’on la voit beaucoup travailler près de ces endroits-là, l’habitude ça crée des réflexes. Il a donc fallu pousser plus loin l’investigation. Ma preuve des yeux qui bougent s’étant révélée inutilisable, je fus donc écartée de l’enquête. Columbo reprit son manteau (un autre puisque si vous avez bien suivi, c’est l’object du vol, contenant contenu) et eut une pensée émue pour Dirty Harry.

Et Columbo fut grand. Chaque gens interrogé. Chaque commentaire scrupuleusement noté sur une neurone bien précise (mais toutes reliées entre elles, hein, ça s’appelle les stigmates, de grands t’hommes en ont porté aux mains à une époque, il parait que c’était la mode). Une grande affiche promettait fouets et crachats populaires pour le coupable et clémence en cas d’aveu. C’était pour mettre l’ambiance.

Les questions s’enchainaient : alors tu étais à la place 1, d’accord, mais où étais B ? Quid de C ? il était à la place 3? Bon, à un moment B est parti en 4 et toi, tu étais où ? On m’a dit que D a quitté le labo à 21 heures. Où était donc B à ce moment-là? On va s’arrêter là parce qu’à l’écrire j’ai déjà envie d’avouer. J’ai toujours perdu au jeu des chaises musicales, il est donc inutile de résister s’il faut trouver une place à tout le monde en tenant compte en plus des minutes.

Visiblement le monde n’est pas aussi fat que moi et la discussion columbo a duré quelque temps. Puis A craquit. S’ensuivirent promesses et planification : en sus de la garde-robe complète et des places de concert de M.Pokora, on promit le retour des clés et du téléphone portable, détenus secrètement par une boite aux lettres de la Poste.

Columbo, on l’impressionne pas comme ça. Il refuse les pots de vin de M6 pour se concentrer sur les Postes : 20 arrondissements à Paris, 20 Postes par arrondissements, 18 000 minutes dans la matinée. 13h tout doit être plié et dans mon sac ! La menace est palpable mais la Poste s’en fiche. Eux, la privitisation leur est montée jusqu’au cou et la communication s’est noyée : un agent du Tri n’a présentement plus le droit de s’adresser à un agent de Comptoir. Il faudra donc revenir lundi et surtout ailleurs.

Heureusement cette histoire a une fin : ledit lundi on retrouvit clés et cartes du Tendre dans un centre de Tri. Le mobile du vol est à jamais perdu et la plainte enterrée [1]. Reste plus qu’à amadouer SFR.

C’était une aventure de Colombonobo, un être formidable qu’on ne loue pas suffisamment. Quelle force d’âme ! quel génie dans l’action ! quelle ténacité ! vive Colombonobo ! Bravo ! Vive le Tiers-Peuple, plus grands que les Ministres !


Notes :

[1] Quoique.. la police ne répond pas au téléphone !!

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