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Dis-moi ce que mange le Grand Chef...

Par Antôane, ministre du népotisme et du privilège indu , le samedi 14 mars 2009.

Pour aller plus avant dans la connaissance du Grand Chef, il convient d’évoquer maintenant ce qui contribue à ce que le Grand Chef est Grand Chef et pas Maréchal des Logis Chef ou Caporal Chef.

Sans entrer dans des considérations génétiques ou éducationnelles (d’autant qu’il est tard et que absolument aucune motivation pour lire Françoise Dolto à une heure pareille), allons au plus simple : qu’est-ce qu’il mange, le Grand Chef, dans son palais chéfial ?

Passons sur tout ce que l’on peut trouver dans un frigidaire banal, qu’il s’agisse du beurre demi-sel, du chocolat aux amandes, de l’eau potable et des yaourts aux fruits. Quand on liste ce qui compose le régime alimentaire du Grand Chef on tombe sur toutes ces choses on ne peut plus communes, mais également sur d’autres aliments aux noms plutôt rigolos.

Comme pour tout habitant de Port-au-Grand-Chef, il n’est pas rare que du jus de chadèk coule dans le gosier du Grand Chef. Le chadèk est un agrume qui ressemble fortement à un pamplemousse, mais en plus sucré. Et c’est d’ailleurs parce que c’est plus sucré qu’on ne l’appelle pas pamplemousse. Sinon l’on en arriverait aux mêmes débats entre ceux qui disent « pain au chocolat » et ceux qui disent « chocolatine ». Les gens du Nord recevraient ainsi un regard incrédule de la part de la serveuse d’un établissement du Sud jamais ils avaient le malheur de dire « Bonsoi’ chérie, ou gen jus de pamplemousse », plutôt que « bonsoi chérie, ou gen jus de chadèk ». Et ce serait alors LE CHAOS !

Par ailleurs, il faut également savoir que le Grand Chef kiffe grave les cayemites. La cayemite, késako ? Eh bien il s’agit d’un fruit violet qui fait à peu près la taille d’une figue avant séchage (enfin une figue telle qu’on l’entend habituellement, le fruit qu’on mange séché, parce qu’à Port-au-Grand-Chef, si vous demandez une figue, on vous donnera une banane. Voir plus haut le débat entre chocolatine et pain au chocolat). On coupe en deux, on enlève le milieu avec les pépins et on mange la chair autour, de la même façon qu’on le ferait avec un kiwi. Et c’est bon.

Mais en fait, le truc le plus interpellant du régime alimentaire du Grand Chef, c’est une sorte de drôle de légume dont le Grand Chef a déjà parlé (et photographié, ce qui épargnera le lecteur de laborieuses descriptions), qui répond au nom rigolo de kalalou. Le Grand Chef écrivait que les kalalous étaient « nos amis » (je cite), « très bons à manger ».

Bons à manger, certes... Mais peut-on vraiment parler d’amis quand on parle de kalalou ? Car c’est qu’avant de devenir « bons à manger », nos « amis » doivent d’abord passer par la case préparation et cuisine. Et notamment l’épluchage. Quand on s’y attaque, il faut croire que le kalalou a développé une sorte de mécanisme naturel d’autodéfense, à l’instar de la sèche ou de la pieuvre qui balancent de l’ancre à la tronche du plongeur qui se baladait benoîtement au milieu des coraux. Le kalalou, quand on met à exécution cette idée folle de l’éplucher, sécrète une sorte de liquide poisseux et gluant sous son écorce. Plus vous épluchez, plus il vous glisse des mains. Et comme il est aussi difficile de se sentir le ventre plein avec des kalalous qu’avec des huîtres, bah c’est qu’il faut en éplucher des kalalous, pour avoir droit à un repas digne de ce nom !

Et quand ils sont de petite taille, c’est encore pire. Essayez d’éplucher n’importe quel légume de deux centimètres et demi qui vous glisse entre les doigts, vous rigolerez moins.

D’autant qu’après, ce liquide poisseux refuse obstinément de quitter la paume de vos mains. Une galère, et une terreur pour le savon, pour l’évacuation, ainsi que pour l’éponge qui va devoir laver le récipient qui a accueilli les kalalous une fois épluchés.

Nous pourrons désormais appeler « travail de kalalou » toute tâche minutieuse, longue et pénible.


La Luciocratie expliquée à mes neveux-nièce