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Blanchette
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Par Le Grand Chef , le lundi 2 juin 2008.

Le Grand Chef s’est fait gronder hier. Notez qu’il n’apprécie pas beaucoup de se faire gronder le Grand Chef. Mais bon à la limite il peut tolérer ça de certaines personnes de son entourage. Pas de beaucoup néanmoins, n’en profitez pas pour imaginer que vous pouvez dire n’importe quoi au Grand Chef.

Je disais donc que le Grand Chef s’est fait gronder. Oui farpaitement, par Blanchette. Mais qui diable est Blanchette me direz-vous ? C’est ce à quoi je m’attelle actuellement sous vos yeux ébahis, vous dire qui est Blanchette. Car la raison pour laquelle le Grand Chef s’est fait gronder, c’est qu’il a osé mettre en ligne un texte sur le Grand Site mentionnant l’existence de Blanchette, sans toutefois que quiconque puisse savoir d’ailleurs qu’elle s’appelle Blanchette, et ce n’est pas son vrai nom bien entendu. Or le texte en question n’était pas, il est vrai, dépourvu de tendre moquerie, voire de raillerie tout court. Ce qui fit dire à Blanchette qu’il est scandaleux d’apparaître en Luciocratie pour la première fois comme une hystérique, je n’aurai pas osé personnellement pousser jusqu’à aucun terme freudien, vu l’estime chancelante que je porte au dit. Maintenant que le crime est commis, je suis contrainte et forcée de tenter de réparer mon erreur. A mon avis c’est une erreur de Blanchette de croire que je vais arranger son cas en lui consacrant une pleine page, me connaissant je vais devoir grossir ses traits de caractère pour la faire entrer en Luciocratie comme un bateau dans une bouteille, mais je m’exécute, je m’exécute. Qui plus est je vous décris les mangues, les pluies, les routes et les rues de Paris, mais jamais aucun être humain, c’est bien plus difficile il est vrai, relevons donc le défi.

Blanchette habite à Port-au-Grand-Chef, Pacot, 32 rue Babiole, au 3e étage à gauche. C’est-à-dire au palais chéfial. Elle loge dans la chambre de droite. Blanchette auparavant vécut à Sapotille, rue 2 et carrefour Tifou, elle n’a pas peur des déménagements. Elle déménage avec son masque vaudou, sa collection de boucles d’oreilles et son arbre de vie en fer forgé.

Puisqu’elle est marseillaise, elle a concédé un accent - que je suis paraît-il seule à entendre - à son créole. Et elle a froid dès qu’on tombe sous les 20 degrés, ce qui par chance arrive rarement.

Quand je sors avec Blanchette, je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer, ce qui fait que je dois toujours faire un examen complet de ma forme physique et de ma conscience avant d’accepter de monter dans la petite Terios blanche qui sent le pipi pour savoir si je suis en pleine possession de mes capacités pour aller boire des bières la moitié de la nuit. Pourtant elle fait de l’hypotension, allez comprendre.

A la première rencontre, Blanchette fait un peu peur. A beaucoup de personnes, que je ne citerai pas ici, puisque le Grand Site n’est pas un site de dénonciation, à mon Grand regret. La première fois que le Grand Chef l’a vue, elle avait une conjonctivite et des lunettes de soleil en pleine nuit, ce qui n’est pas très effrayant, sauf si on craint la contagion. Mais son calme et son air je sais bien ce qu’il en est mais je ne vais pas le dire parce que ça passerait pour de la prétention alors que c’en est loin mais tout de même je pense ce que je pense et faut pas essayer de me la faire à moi, ont quelque chose de vaguement inquiétant pour qui n’a pas l’âme pure et immaculée (ce qui n’est pas le cas du Grand Chef). Pourtant Blanchette a une corpulence qui tient plus de l’allumette que du gros ours. Des p’tits cheveux blonds zéfins, une taille obéissant aux moyennes atteintes par les courbes statistiques sur les femmes du XXIe siècle, deux mains qui n’accusent pas 15 ans depuis leur date de fabrication et un teint qui fond au soleil (taches de rousseur incluses).

Mais effectivement Blanchette ne s’en laisse pas compter. Ce qui explique d’ailleurs qu’elle s’agace souvent avec les branquignolles un peu menteurs qui traînassent autour de la station essence. Elle marche en balançant avec désinvolture les bras de gauche à droite, saluant d’un coup de tête rapide la moitié de la rue, comme un chef mafieux arrivant sur son territoire. Il arrive parfois qu’un accident grave se déroule sous ses yeux l’obligeant à révéler le fonds de sa personnalité et son âme secourable. De toute façon, Blanchette travaille dans la santé et ne peut décemment abandonner un demi-mort sur la chaussée. Un jour ainsi la vis-je embarquer à l’arrière de son auto un noyé saoûl, l’adjectif entraînant le nom, répandant tout le sable de son infortune sur la banquette, pour le mener à l’hôpital le plus proche à la réputation désastreuse. Le petit cœur de Blanchette et toute son humanité se déchirant à l’arrivée aux urgences lorsqu’il fallut laisser l’homme gris pour s’enfuir fissa avant d’avoir à payer tous ses frais médicaux.

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, Blanchette a décidé de quitter l’île du Grand Chef. Incapable néanmoins d’abandonner en toute conscience les mille personnes qui font sonner son téléphone à longueur de journée, elle occulte l’échéance fatale en teintant son regard d’un petit air victime. Et personne ne veut admettre qu’elle va nous quitter. Devant cet absurde coup du sort, le Grand Chef a fait inscrire Blanchette sur la liste noire de l’aéroport afin qu’on ne l’autorise jamais à quitter le territoire national. Elle l’ignore encore et à l’heure où je vous fais cette révélation, Blanchette fait candidement sa sieste.

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Bagne