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Match Point
De nombreux luciocrates étant allés voir le dernier opus allénien, je ne rappellerai ici que quelques points de débat. C’est vrai, il y a rupture de genre. Ce film est une tragédie relativement sobre, sans Woody à s’agiter dans tous les sens. Mais on retrouve toujours sa patte : les scènes de restaurant où tout le monde parle sans s’écouter, les répliques cyniques qui font mouche, les maladresses des héros, et surtout une caméra très mobile qui aime jouer du travelling comique. Tout le monde est d’accord, la première partie du film renvoie nettement à un schéma du type balzacien : le héros Chris est un petit Rastignac avide de situation sociale et de richesse. Il se trouve partagé entre arrivisme et passion sexuelle. Certains critiques ont parlé de Dostoïevski, aiguillés par les nombreuses allusions du film. Comme je n’en ai pas lu une ligne, j’en laisse l’appréciation aux gens cultivés. Le film bascule ensuite dans la tragédie, sobre, efficace, classique. Classique ? Pas tout à fait. On peut penser à Shakespeare, lorsqu’Allen mélange allègrement les scènes de tension maximales et les duos grotesques incarnant l’aveuglement du Destin. Chris le roturier montre ostensiblement à sa belle-famille qu’il est amateur d’opéra et de littérature. Faut-il penser qu’il se constitue un vernis culturel pour le grand monde ? Si la scène comique le montrant avec deux Dostoievski dans son lit le laisse penser, il semble pourtant aimer l’opéra de longue date (le fait qu’il choisisse à la fin du film une comédie musicale, version "dégradée" de l’opéra, fait peut-être sens). Le personnage serait donc moins creux qu’il n’y paraît. Bref, tout le monde a compris, c’est un bon Woody Allen. |
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Ciné Cinéma
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