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Sunshine Barry and the disco worms (2008) : Un film de Thomas Borch Nielsen

Par Benjamin S., Jeuniste du prix et de la mornographie , le mardi 18 mai 2010.

La mère de Forrest Gump disait que la vie était comme une boîte de chocolat, car on ne sait jamais ce qu’il va y avoir à l’intérieur. Une femme pleine de sagesse à dire la vérité, tant il n’est pas facile d’expliquer comment, alors que je n’ai pas écrit de critiques de films depuis un certain temps déjà pour ce blog, le premier film à rompre le silence soit un dessin animé danois contant les aventures d’un ver de terre qui danse le disco.

Tout à commencé par une vidéo postée sur le site de zone bis, où le sémillant Cyril Despontin avouait, pendant le festival de Cannes 2008, son admiration pour une affiche vue au marché du film. Cette affiche magnifique, comportait, vous l’aurez deviné un ver de terre en train de danser le disco, et n’était accompagné d’aucune bande-annonce ni projection. Un pur fantasme.

Deux ans plus tard, je suis en Allemagne. Avec ma fiancée, nous déprimons à cause du froid, de notre appartement, de la vie qui est dure. Et puis, là, dans un Saturn quelconque, le dvd de Sunshine Barry und die Disco Würmer. Surprise, mais aussi joie : il existait donc un distributeur capable d’avoir acheté ce film ! Je ne l’ai pas acheté.

Pourtant, mon destin tendait ver la vision de ce film, et donc, ce soir, c’est fait, je suis un autre homme, car j’ai vu Disco Ormene (de son titre original). Etant probablement la seule personne en France à avoir vu ce film, et à vouloir en parler, je me dois d’écrire cet article, car le monde doit savoir.

Disco worms, donc, nous raconte l’histoire de Barry, jeune ver de terre qui n’a pas la vie facile. Par son espèce déjà : manger de la terre, creuser des trous, éviter de finir au bout d’un hameçon, même pour un insecte, ce n’est pas glorieux. Mais même parmi les animaux rampants, Barry n’est pas du genre flamboyant. Il voue un amour sans retour à Gloria, est destiné par sa mère à un métier dans l’administration, enfermé dans un bureau, sans fenêtre, sans lumière. En clair, Barry est un perdant. La découverte d’un best-of disco dépassant d’un carton dans le grenier va changer sa vie : oui, un ver de terre peut bouger, danser, chanter, groover. Barry va devenir, non pas un disco dancer (n’est pas Mithun Chakraborty qui veut), mais un disco chanteur. L’occasion de montrer au monde entier des insectes que oui, on peut ramper, manger de la terre, vivre dans un trou, et être cool.

Avant de rencontrer la gloire, Barry va devoir former un groupe avec les bras cassés qui l’entourent (son meilleur ami le ver obèse, un ver guitariste de hard-rock qui ne jure que par AC/DC, Gloria qui est ma foi bien jolie mais chante comme une casserole, et je vous laisse la surprise de la personne qui arrivera à les faire groover), convaincre les organisateurs de le laisser jouer au grand prix de l’eurovision local, redonner de la joie de vivre à sa famille, bref, le chemin sera long, vous vous en doutez bien.

D’ailleurs, si vous avez plus de dix ans, le chemin vous paraîtra même très très long, bien que le film ne dure qu’une heure et quart. En effet, contrairement aux productions Pixar ou même Dreamworks, Sunshine Barry ne cherche à aucun moment le double niveau de lecture. Voyons l’avantage : le film n’est pas trop rapide, facile à comprendre, pas violent, propose une morale toujours bonne à prendre, et du disco, ce qui en fait un vrai film pour enfants. Par contre pour les adultes que nous sommes, ce récit initiatique risque d’être trop balisé et pas assez rythmé pour totalement adhérer. Ce ciblage très précis d’une tranche d’âge peut gêner dans le cas d’un Asterix chez les vikings, autre production danoise, dépourvue de toute l’ironie du matériel originel, mais semble tout à fait légitime ici.

Techniquement, le film est plutôt propre, même si il ne faut pas s’attendre à du grand spectacle : la réalisation est assez plan-plan, et la 3D nous ramène à peu près à Fourmiz (1998, soit la sortie de la préhistoire en termes d’image de synthèses) tout en restant très propre et colorée (on est loin des horreurs Ratanouille ou Little toys). La première scène de disco est très sympa, la suite est moins délirante, puisque les auteurs ont privilégié l’aspect groupe de musique à l’aspect fièvre du samedi soir avec des vers de terre, ce qui est un peu décevant.

Les méfaits du sporélec chez les jeunes vers de terre obèses - 30.4 ko
Les méfaits du sporélec chez les jeunes vers de terre obèses

En conclusion, Sunshine Barry and the disco worms est un film qui peut se laisser voir si vous avez des enfants, et que ceux-ci ne sont pas trop habitué au style rapide presqu’agressif des productions dreamworks.

Pour en savoir plus :

La bande-annonce du film (en allemand s’il vous plait)qui survend un peu le projet.


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